Un bébé pour le petit-déjeuner, on recommence quand ?!
Nous sommes le 15 octobre, 1 h 15, je suis à 37+4 SA et je perds les eaux dans mon lit (aucun doute, tout est trempé).
Je réveille mon conjoint qui appelle directement la maternité, laquelle nous dit de venir dans les deux heures.
Pour notre aîné, c’était pareil et j’avoue avoir été traversée par la déception de ne pas pouvoir travailler à la maison une fois de plus.
Qu’importe, je vais rencontrer mon deuxième bébé, je suis tellement heureuse.
Je pars sous la douche, sans me presser, et je demande à mon conjoint de finaliser deux ou trois petites choses avant de réveiller notre aîné pour le déposer chez sa nounou, en safe place.
Après un semi-réveil tout en douceur, nous déposons le grand et nous nous mettons en route pour la maternité.
Arrivés vers 3 h 15, on m’accueille, m’examine et je suis à 2 côté extérieur et 1 côté intérieur. Le col avait bougé depuis mon dernier examen la veille.
On me fait un monito, j’ai des contractions mais elles ne me font que très peu mal, voire pas du tout.
Au bout d’une heure environ, on me propose de tenter un bain en salle nature (puisque mon projet de base était un accouchement physiologique et que j’ai été accompagnée par l’équipe Phylia de Lyon Sud jusqu’au bout ❤️).
J’ai toujours des contractions mais aucune n’annonce un travail efficace.
On laisse passer la nuit puis on finit par me dire que je descends en chambre le temps que ça se mette en route.
Il est environ 9 h du matin, on me sert un bon gros petit-déjeuner puis je m’endors une petite heure.
La journée se passe et je n’ai plus de contractions.
Le soir, je recommence à en avoir, des douloureuses, peu nombreuses, mais toute la nuit, et elles s’arrêtent de nouveau le lendemain vers 8 h.
C’est fou !
Le 16 octobre, à 9 h, on vient me proposer un examen du col que j’accepte. Je suis maintenant à 3 et là, on me laisse le choix : un déclenchement ce jour-là car le col est très favorable, ou patienter jusqu’au 19 octobre puisque tout va bien.
Je choisis le déclenchement car bébé étant en siège, il fallait que je puisse être en forme pour la poussée.
À 13 h 30, comme prévu, on vient me chercher pour aller en salle de naissance.
La SF m’attend et me dit :
« Ton col est toujours à 3, est-ce que ça te dirait d’aller marcher ? Ici, on a trois césariennes qui se préparent (non prévues), donc c’est bien si on attend un peu. »
La journée, je n’ai pas de contractions, je peux patienter sans souci et je suis ravie de quitter un peu les murs de l’hôpital.
Alors je pars marcher avec mon conjoint.
J’ai deux grosses contractions en une heure mais, en revenant, je suis juste passée à « un bon 3 ».
On se met d’accord pour mettre l’ocytocine, il est 17 h 45.
Vers 18 h, le produit est mis et quasiment tout de suite j’ai des contractions qui arrivent, nombreuses et fortes, mais je tiens le cap.
J’ai le soutien de mon conjoint et les audios de Manon en tête (il m’est impossible de bouger ou de demander mes écouteurs, je suis concentrée et je les connais par cœur car j’avais déjà le pack pour mon premier accouchement début 2023).
Une heure passe et les contractions deviennent intenses, je vocalise de plus en plus fort.
Ma SF vient me voir pour me dire que c’est l’heure de la passation.
Je sens que les vagues sont rapprochées et intenses, je me fais de plus en plus entendre et ça m’aide beaucoup.
On appelle deux fois sur ce laps de temps car je sens que ça va vite.
La nouvelle SF arrive et je ne la connais pas cette fois-ci.
Je demande immédiatement un examen du col puisqu’il faut avoir le temps de poser la péridurale, qui est plus que vivement conseillée pour un accouchement en siège, et à laquelle je m’étais faite, bien que ce ne fût pas mon projet initial.
Je fais 100 % confiance aux équipes de la maternité de l’hôpital.
À 19 h 20, lorsqu’on m’examine, je suis à 5 mais, au fond de moi, je sais.
Je sais déjà que ce ne sera plus le cas dans quelques minutes, il y a comme un air de déjà-vu.
Je demande donc la péridurale.
Il est environ 19 h 45 quand on me demande de m’asseoir et là, une envie de pousser presque irrépressible traverse mon corps.
Ça va très vite et là, non pas un mais deux anesthésistes viennent :
« Madame, on va vous faire une péri-rachianesthésie pour vous soulager plus vite. »
J’ai une grosse contraction où je crie pour mettre toute l’énergie dans ma voix et ne pas pousser.
Une fois posée, dix minutes après, je redemande un examen : je suis à 9, presque 10.
J’avais vu juste et, à ce moment-là, je me sens puissante de connaître à ce point mon corps.
On s’installe et on laisse notre petit cœur descendre.
De mon côté, d’un commun accord avec mon projet de base (physio sans péri) et le corps médical, ma péridurale est faiblement dosée et je ne suis pas soulagée à 100 %.
Je veux pouvoir être efficace durant la poussée.
Elle est parfaitement dosée.
À ce moment-là, je sais déjà que ce sera magique.
Le moment fatidique arrive, il est environ 21 h 15.
On me propose de pousser avant de faire venir le corps médical dans la salle :
« Tu pousses très bien, on va y aller. »
Je me concentre.
Il y a du monde qui arrive dans la salle pour un accouchement en siège, ils étaient six ou sept je crois, et je commence à pousser.
À chaque effort, je me connecte à mon corps et fais le chemin dans mon esprit.
Je parle à mon fils en lui disant qu’on n’attend plus que lui et qu’il va gérer comme un chef.
Je le sens descendre toujours un peu plus.
Les sensations sont vraiment étranges, bien différentes de mon premier accouchement où bébé avait la tête en bas.
Au bout de quelques poussées, je sens les pieds sortir, puis le reste du corps et enfin la tête.
Notre petit garçon voit le jour à 21 h 51, le 16 octobre 2025.
Il est sorti de mon ventre tout seul, sans intervention ni acte médical, sans difficulté et sans déchirure ou complication pour maman.
C’était juste incroyable !
Papa et maman n’ont pas pu retenir leurs larmes.
Un accouchement puissant et intense, qui nous laisse un merveilleux souvenir pour la vie.
On l’a fait, mon fils.
Je t’aime ❣️
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