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Julie – « Regardez, elle est coiffée, elle aura de la chance toute sa vie. »

Récits de naissance

Mon bébé coiffé

Il y a des instants dans la vie où le hasard semble s’inviter comme une douce magie. La date de la conception, mon anniversaire, et la date du terme, celle de ma meilleure amie, semblaient un clin d’œil de la vie. Une symphonie secrète des étoiles, qui nous murmure que tout est lié.

Mais ma fille, elle, avait décidé autrement…

Le samedi 14 juin, le jour du terme, tout semblait parfait.

Le col était favorable, ouvert à 1, et les membranes avaient été délicatement décollées. C’était la soirée de l’anniversaire de ma meilleure amie, et malgré tout, j’avais tout donné pour que l’accouchement commence, mais rien… juste le début de la perte du bouchon muqueux.

Dimanche 15 juin arriva sans changement. Bébé bougeait toujours autant, comme pour me dire qu’elle n’était pas prête à quitter son petit cocon.

Lundi 16 juin, direction la maternité pour un contrôle, J+2.

Le col était encore mou, centré, mi-long, et aucune contraction ne pointait à l’horizon. On m’a donné rendez-vous pour le mercredi 18 juin, s’il n’y avait pas d’évolution d’ici là.

La sage-femme évoqua l’idée d’un déclenchement, mais sans hésitation, je refusais. Je voulais que ma fille vienne à son propre rythme, de la manière la plus douce possible.

Je rentrais chez moi, le cœur léger.

Tout allait bien, mais en même temps, une impatience grandissait en moi. Je rêvais de la voir, d’entendre son premier cri, de la serrer enfin contre moi.

Le soir, nous partîmes nous promener avec mon amoureux, comme pour immortaliser ces derniers instants de grossesse, les derniers moments où mon aînée était encore mon petit bébé.

Nous faisions des bulles, elle riait aux éclats, et mon cœur était rempli d’amour.

C’était un moment parfait. Un souvenir précieux que je gardais dans un coin de mon âme.

La soirée passa, je m’endormis paisiblement, sans douleur.

Mais vers 2h du matin, une contraction violente me réveilla. Mon ventre devint aussi dur qu’une pierre et je ressentis une envie soudaine de me lever.

La contraction passa, et je retournai me coucher, pensant que tout était encore calme.

Mais mon aînée, comme toujours, arriva pour se blottir contre moi. Elle se frotta contre ma peau, cherchant le réconfort de mes bras.

Je l’enlaçais, la caressais, et je ne pouvais m’empêcher de sourire, sachant que tout allait changer bientôt.

Une heure, peut-être une heure et demie, je restais allongée là, les contractions arrivaient toutes les dix minutes.

Une sensation profonde au fond de moi me disait que ce jour-là, ce serait le jour J.

Je ne pouvais plus rester allongée, je devais bouger. Je décidai de me lever en silence pour ne pas réveiller mon chéri. Durant une heure, je faisais des allers-retours, soufflant, respirant, faisant du ballon, m’agenouillant, marchant dehors sous la douce fraîcheur du matin.

Vers 4h, je pris une dernière photo de mon aînée, encore ma toute petite, avant qu’elle ne devienne grande sœur. C’était un moment suspendu, où le monde semblait s’arrêter.

Je finis de préparer les affaires, puis, vers 5h, je réveillai le papa, pour qu’il ait le temps de se préparer tranquillement. Je lui disais qu’on attendrait jusqu’à 6h avant d’appeler sa mère.

À 6h15, la grand-mère arriva, et nous partîmes rapidement.

Dans la voiture, malgré la douleur, il y avait une sérénité qui flottait, comme une parenthèse enchantée. Nous riions tous les deux, profitant du lever du soleil, tout en sachant qu’au fond, la vie allait nous offrir un cadeau inoubliable.

À la maternité, les premiers examens commencèrent, le monito, puis l’examen du col : dilaté à 2-3 cm. Ce n’était pas encore certain que je sois gardée, mais la sage-femme me proposa un bain.

Je m’y laissais plonger, et au début, l’eau me soulageait, m’apaisait. Puis, les contractions devinrent plus fortes, plus intenses. Je m’endormais presque entre chaque vague de douleur, chaque phase de repos était comme un doux rêve.

Et je gardais en mémoire ces instants, cette sensation de relâchement, cette technique de détente issue du pack naissance magique, des extraits d’audio résonnaient dans ma tête.

Le temps devenait flou. Mon amoureux me dit que les contractions se rapprochaient, puis une sage-femme arriva pour me contrôler. Je n’étais plus consciente du temps qui passait. À 4-5 cm, mon col était effacé.

Le papa, inquiet, me demanda encore si je voulais la péridurale, mais je n’avais plus la force de répondre quoique ce soit, j’étais entrée dans ma bulle, un monde où plus rien n’existait autour de moi.

Quelques minutes plus tard, tout s’accéléra. Les contractions devinrent de plus en plus fortes. Je ne pouvais plus rester silencieuse.

Je savais, je sentais que ma fille était là, si proche.

Je demandai à mon chéri de m’accompagner aux toilettes, une dernière tentative de soulagement, mais je n’eus même pas le temps d’y aller.

La poussée arriva, et la poche des eaux fissura.

Bébé était là, tout près.

Les sages-femmes arrivèrent, un fauteuil roulant me transporta dans la salle de naissance. Je ne pouvais plus marcher, je n’avais plus la force. L’instant suivant, je commençais déjà à pousser, à quatre pattes. Je sentais son corps descendre en moi, en deux contractions.

Puis, la sage-femme me proposa de me retourner sur le dos.

Et là, ce fut le moment. Le cercle de feu. La douleur d’un monde qui naît. En deux poussées, sa tête passa. Je dus arrêter de pousser, mais mon corps, lui, continuait à la pousser. Les épaules passèrent, et ma fille était là.

  8h53, 17 juin 2025.
Elle était là, toute petite, coiffée, entourée de deux tours de cordon autour de son cou.
La sage-femme s’écria : « Regardez, elle est coiffée, elle aura de la chance toute sa vie. »

Je la vis, ses lèvres bleues, et j’eus un instant de peur, un frisson glacé dans le cœur. Mais en l’entendant pousser son cri de chaton, tout s’effaça. La peur se dissipa dans l’air.

Et moi, les yeux perdus dans ce moment hors du temps, je n’arrivais pas à comprendre ce qui venait de se passer en l’espace de quelques minutes.

Le papa, toujours près de moi, insista :
« Regarde, elle est là. »

Mais je n’arrivais pas à bouger, comme figée, incapable de saisir la réalité.

Le papa coupa le cordon.

Il me fallut plusieurs minutes pour reprendre mes esprits, pour me noyer dans le bleu profond de ses yeux, fixant les miens avec une intensité que rien ne pouvait égaler.

Ma petite fille…

Nous l’avions fait, ensemble, au bout de cette rencontre.

Le peau-à-peau, ces deux heures de tendresse infinie, étaient un moment suspendu. Bébé, qui avait un gros frein de langue, réussit malgré tout à prendre le sein, et ce fut une nouvelle victoire, un nouveau début.

Ces moments étaient hors du temps, et pourtant, le temps passait, lentement.

Le prénom de ma fille, Glorieuse combattante, n’était pas un hasard. C’était comme si ce rendez-vous avec la vie avait été écrit pour elle.

Elle était arrivée, glorieuse et forte, comme ce nom qui lui allait si bien, comme si tout avait été prévu. Elle était notre victoire, notre deuxième petit miracle.

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« Je retourne dans ma chambre, en marchant, bébé dans les bras. Je suis sur un nuage. »
En une poussée, le corps de mon bébé glisse tout entier dans l’eau. Et le temps s’arrête. 20h57. Il est là.