Bonjour Manon, je t’envoie mon récit de naissance, qui a d’ailleurs été incroyable grâce à toi 😊
Mon terme était prévu le mardi 3 février 2026. Depuis les fêtes de fin d’année, je commençais à avoir des contractions plus ou moins douloureuses qui m’ont fait aller 2 fois faire un contrôle aux urgences (une fois les contractions étaient tellement fortes que j’avais écouté l’audio du jour j).
Le col était à chaque fois postérieur, ouvert à 2. Je me voyais aller jusqu’à la date du terme, prendre rdv pour le 3 février…
Le 31 janvier, vers 2 h du matin, je suis réveillée par une contraction. Puis une autre. Encore une autre.
Je somnole entre chaque, elles ne sont pas plus douloureuses que les jours précédents, pour moi, c’est encore du faux travail.
Je ne regarde pas l’heure sur chaque contraction, je sens qu’elles ne sont pas régulières, mais je bouge quand même sur chacune. Je ne dis rien à mon mari, autant qu’il dorme vu que ce n’est pas pour maintenant (🤣).
Sur chaque contraction, j’ai l’impression que tu es à côté de moi, à me dire que chaque vague me rapproche un peu plus de mon bébé, je me rappelle des petits passages de l’audio du jour j que j’avais écouté quelques jours avant.
Vers 5 h du matin, je me dis que je vais aller prendre une douche et on verra par la suite. Je me prends une douche de 10 minutes (on dormait chez mon papa, je ne voulais pas abuser sur l’eau 😅), ça me soulage.
Sortie de la douche, j’ai des petites contractions pas plus douloureuses qu’avant, je me dis qu’on attend un peu pour ne pas avoir à réveiller mon père trop tôt pour lui dire qu’il garde nos 2 premiers enfants.
Je retourne dans la chambre vers mon mari et j’ai 2 contractions un peu plus douloureuses, mais tout reste gérable grâce à la respiration (il y a toujours ta voix dans ma tête) et quand je suis accroupie, ça passe mieux.
Je me dis que si je veux aller dans le bain à la maternité, et qu’au pire, si je veux la péridurale, on ne va finalement peut-être pas traîner.
Je dis à mon mari qu’on va y aller, que je contracte depuis 2 h du mat’, que je gère, c’est pas régulier, mais bon, j’ai peur d’avoir trop mal en voiture si on attend encore.
À 5 h 30, on réveille mon père pour lui dire que l’on part (heureusement, nous avons laissé les valises dans le coffre après notre 2e tour aux urgences).
Avant de partir, je pique une sucette qui était sur le plan de travail (comme si elle m’attendait) pour ne pas trop me crisper en voiture.
Cette nuit-là, il y a eu des pluies verglaçantes, il faisait encore −7 °C, la voiture était gelée, mon mari gratte le pare-brise, je monte en voiture, mais me redresse quasi directement, je ne suis pas bien installée assise, j’ai mal, je m’accroupis, je marche…
Je me dis que je ne sais pas comment je vais faire sur le trajet si, pas encore partie, ça commence comme ça.
On finit par partir vers 5 h 40, on en a pour 40 minutes de trajet. Sur la route, je suis avec ma sucette, mais elle me donne vite envie de vomir. J’ai envie de dire à mon mari de s’arrêter, mais en même temps, je veux vite arriver pour aller dans le bain.
Je prends sur moi, je continue à t’avoir dans ma tête, je continue de gérer avec la respiration (Je veux garder les audios pour plus tard).
6 h 11, on prend le ticket pour rentrer sur le parking de l’hôpital. Il faut aller faire l’admission aux urgences adultes avant d’aller à l’étage supérieur aux urgences gynéco.
En sortant de la voiture, je suis déjà accroupie, je ne me sens bien que comme ça. Entre 2 contractions, j’avance tant bien que mal pour aller à l’entrée de l’hôpital. Mais par moments, j’ai des contractions coup sur coup, j’avance en étant accroupie sur le parking.
Je dis à mon mari que si on me dit que le col est toujours postérieur à 2, je pète un câble.
J’arrive tant bien que mal à arriver au secrétariat faire mon admission. C’est mon mari qui parle à ma place, j’ai mal, je suis toujours accroupie devant le bureau, je ferme les yeux, je me concentre sur ma respiration, toujours avec tes petits passages dans ma tête.
La secrétaire me demande si je veux un fauteuil vu mon état : « Je ne sais pas ce que je veux », que je lui réponds.
Mon mari prend un fauteuil malgré tout, pour traverser les urgences adultes et monter aux urgences gynéco.
J’essaie de prendre sur moi, mais arrivée devant les ascenseurs, je saute du fauteuil pour m’accroupir tellement j’ai mal en étant assise. Quand ça passe légèrement, je me remets sur le fauteuil pour monter.
Vers 6 h 30, nous arrivons devant les doubles portes des urgences gynéco, mon mari sonne à l’interphone, la sage-femme lui ouvre et dit de patienter en salle d’attente, qu’elle arrive. Nous passons les doubles portes et je saute du fauteuil pour être de nouveau accroupie.
Elle arrive et me voit, elle dit direct qu’au vu de ma douleur, nous allons directement aller en salle de naissance et tant pis pour l’analyse d’urine.
Elle me dit que je gère bien, que quand ça passe, elle me laisse me remettre sur le fauteuil pour vite qu’on y aille.
Les contractions sont quasiment coup sur coup, je dois avoir 20 secondes de répit à ce moment-là.
On finit par aller en salle de naissance, à peine arrivée, je m’agrippe au lit pour m’accroupir, la sage-femme dit à mon mari que dès que j’ai un peu de répit, il faudra me déshabiller et mettre la chemise d’hôpital.
Une fois la chemise enfilée, elle me dit que je dois me mettre sur le lit pour faire un monitoring, je lui réponds que je ne sais pas, j’ai trop mal. Elle me dit qu’on n’a pas le choix. Je grimpe donc sur le lit, on essaye de trouver une position à peu près confortable, elle met le monitoring.
On me dit que je gère bien, qu’il faut que je continue comme ça. Sa collègue de salle de naissance arrive pour prendre le relais, m’ausculte le col et :
« Oh madame, mais votre bébé est là, on s’installe. »
« HEIN ???? »
Et là, perte de contrôle total, je ne pense même plus aux audios, je me mets à trembler, j’essaie de penser à la respiration, mais je panique en même temps, je broie les mains de mon mari, je hurle « put** de ta mère » à la sage-femme (encore désolée Fabienne 😅).
Pendant ce temps, la sage-femme me pose vite une perfusion, installe son matériel rapidement, hurle à sa collègue de se dépêcher d’arriver dans la salle 3.
Je sens que mon corps pousse seul, la sage-femme me dit que je gère, qu’elle perce la poche des eaux et on y va. Je pousse 2 fois, et « il est là, attrapez votre bébé ! ».
J’entends, mais je ne suis plus là, je vois flou, je ne comprends pas, ça a été trop vite. L’auxiliaire de puériculture me le redit, et j’attrape mon bébé.
Margot est née à 6 h 53.
Ça a été vite pour elle aussi, elle a eu un peu de mal à atterrir, mais tout est vite rentré dans l’ordre.
Alors merci Manon pour tout le travail que tu fournis, certes, je n’ai pas écouté sur le coup les audios du jour J, mais malgré tout, d’avoir fait la préparation m’a énormément aidée et je pourrais revivre ce moment encore 1 000 fois 🥰
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