Johane – « Je suis heureuse qu’il ait été trop tard pour une peri »

Récits de naissance

Mon bébé est prévu pour le 9 février, quand le gynéco me confirme qu’elle reste au 90eme percentile le 6 janvier je me dis qu’avec toutes les contractions que j’ai déjà elle ne restera probablement pas jusqu’au bout de toute façon. Et pourtant….les semaines passent, mon dos devient de plus en plus douloureux et les épisodes de faux travail deviennent de plus en plus fréquents et intenses. Ces soirs de contractions peu douloureuses pendant parfois plusieurs heures me rendent impatiente et j’ai peur de ne pas reconnaître le début du vrai travail. Au monito de la 39eme SA le col est à 1, j’essaie de positiver : ces contractions ne sont pas inutiles. La semaine suivante à 2, des contractions arrivent à la fin du monito, on me garde en me disant que ça commence je suis ravie mais je ne m’emballe pas. Après 2h sans évolution on nous envoie marcher 2h de + et à mon grand désespoir en revenant tout s’est arrêté… 

Dès que je me rhabille j’ai des contractions franchement plus intenses que d’habitude, comme je ne veux pas m’emballer on repart et on va se promener au centre commercial d’à côté (il fait froid et on peut y aller à pieds aussi). A mon grand étonnement les contractions ne partent pas et s’intensifient, vers 18h ça devient difficile de marcher quand j’ai une contraction je dois respirer profondément. Après un bon chocolat au Starbucks on rentre à l’hôtel pour que je prenne un bain et puisse profiter du ballon. Avec le bain, une bonne respiration et toutes les pensées du pack, les contractions sont franchement supportables. Le temps passe et arrive le moment où elles deviennent difficiles et où je commence à avoir besoin des audios, notamment ceux pour se détendre entre chaque contractions. Vers 21h les contractions qui ne sont pas parfaitement régulières se sont toutefois bien rapprochées avec un intervalle de 2 à 3min depuis 19h. J’ai trop besoin de savoir si c’est le moment pour garder la motivation. Chéri embarque le coussin et c’est parti. Le trajet à pieds dans le froid me paraît long, faut dire que je m’arrête à chaque contraction pour respirer. En arrivant j’attends un petit moment dehors que Kevin aille récupérer le sac de la salle de naissance dans la voiture, les contractions sont plus difficiles à gérer sans lui dans le froid.

Le terme approchant on décide de réserver l’appart hôtel à côté de la maternité pour les 2 derniers jours histoire de profiter d’une baignoire (que nous n’avons pas à la maison) tout en étant à côté pour se rassurer. Le 8, monito du terme, je n’en peux plus je demande à la sage femme de décoller les membranes pour aider bébé à se décider, elle accepte de « travailler un peu le col »

Quand la sage femme vient enfin nous chercher elle nous dit qu’il y a du monde, nous installe en salle de travail avec un monito le temps qu’elle gère une autre femme. Pour l’arrivée à la mater je veux savoir à combien j’en suis, le « petit 3 » me refroidit un peu. Mais quand elle revient elle nous dit qu’elle va lire le projet de naissance dans mon dossier, me demande si j’ai prévu une péridurale. A peine ai-je répondu non qu’elle me dit tout de suite « Oh si j’avais su je vous aurais mis tout de suite dans la baignoire, je vais faire couler le bain que vous puissiez y aller dès que possible ». Je suis ravie et d’un coup je me détends : c’est bien pour maintenant, la salle nature et le bain sont dispo et la sage femme hyper douce. 

On attend un moment la baignoire, apparemment elle est longue à remplir mais qu’importe : on a mis de la musique et mon amoureux m’encourage à rester debout et à danser entre les contractions. Il faut dire que je suis fatiguée… Quand j’entre enfin dans le bain ça devient plus facile, la sage femme nous dit qu’à priori tout est possible dans mon projet de naissance et que si j’ai envie je pourrais accoucher directement dans le bain. Elle a noté que je voulais qu’elle vienne peu et qu’elle ne parle de l’avancée du travail qu’à mon amoureux qui notera! Les heures s’écoulent, je respire très profondément et j’essaie de bouger autant que possible dans le bain mais je me sens très fatiguée, entre les contractions je somnole, je m’endors même parfois grâce à l’auto hypnose. A 3h07 la sage femme vient poser le monito sans fil et contrôler : le col est à 5 et Kevin qui a l’info m’encourage à bouger. La sage femme dit que bébé est bien descendu et effectivement je la sens. Je suis prise d’un dilemme entre bien supporter les contractions en flottant ou avoir + mal en restant à genoux, position dans laquelle je la sens vraiment descendre. Alors j’alterne une contraction sur 2. Je me rend compte que j’ai oublié de demander comment on saura que la poche se rompt vu qu’on est dans l’eau. Et quelques instants plus tard à 3h33 j’entends un ploc et j’ai une sensation qui ne trompe pas.

Et là tout s’accélère, on rappelle la sage femme, de toute évidence chéri débordé d’information ne pense plus à noter l’ouverture du col à partir de ce moment là malgré les contrôles qui deviennent fréquents. Les contractions deviennent bien plus difficiles à gérer, je demande si je vais pousser bientôt, je suis vraiment fatiguée, évidemment on me répond qu’on ne peut pas savoir. Les équipes repartent en laissant le monito et là ça devient ingérable, j’ai super envie de pousser, d’ailleurs impossible de ne pas pousser mon corps le fait tout seul. La douleur est infernale, j’ai l’impression que mon bébé va sortir par mes fesses ! Kevin étant resté sur le 5 me dit de ne pas pousser et là je perds pied je me dis que s’il dit ça c’est que quelque chose ne va pas : je perd complètement pied. À chaque contraction je m’agite et je crie, je ne comprends pas comment ne pas pousser.

Les équipes reviennent et me disent que si je sens que je dois pousser alors je peux, la sage femme re-controle je sens bien à ses doigts qu’on est plus du tout comme tout à l’heure et que bébé approche. Mais rien à faire, j’oublie l’existence de la désespérance et je supplie une péridurale je me souviens avoir dit « donne moi tous les papiers que tu veux je te signe ce que tu veux, d’ailleurs on avait dit un mot c’était quoi déjà cacahuète ? » 

La sage femme m’encourage me dit que c’est la fin, est ce que je suis sûre de vouloir abandonner maintenant. Elle contrôle encore le col… Je suis sûre que là je souffre. Je sors pour l’avoir mais à peine une contraction après m’être mise sur la table je pousse et je sens que bébé arrive, je ne suis pas étonnée quand on fini par me dire que l’anesthésiste ne viendra pas. Je ne suis même pas sûre qu’elles l’aient vraiment prévenu, après réflexion le matériel sorti semble plutôt être celui nécessaires à la naissance. Je me suis mise sur le côté, une jambe pliée, la main sur ma vulve qui me fait terriblement mal à chaque poussée. Rapidement je sens les cheveux de mon bébé sous mes doigts mais je n’arrive pas à la faire sortir. Le cercle de feu s’intensifie à chaque poussée, on me dit « allez la prochaine elle est là » chéri m’encourage aussi et ce sont ses mots qui me donnent la force de pousser encore plus longtemps et ça y est enfin je sens sa tête entièrement sortie, le cercle de feu est enfin parti. J’appréhende la contraction qui va faire sortir les épaules mais ça passe tout seul et enfin ma fille est là contre moi, j’entends qu’il est 4h26. Elle est un peu violette mais tellement belle, elle reprend des couleurs un peu trop doucement semble-t-il et papa suit les équipes pour s’occuper d’elle. Pendant ce temps là délivrance se fait bien et pour essayer de ne pas penser à l’absence de mon bébé je prend un cours pratique de placenta : il est tellement magique, je le trouve beau. Quand enfin on me rend ma merveille elle se jette sur mon sein et je peux enfin profiter de la plus belle vague d’ocytocine de ma vie, avec chéri qui veille sur nous.

Finalement il aura fallu 1h15 entre la rupture de la poche et la naissance de Jade, 1h15 d’intensité extrême où, disons-le, j’ai pas mal hurlé à la mort, mais finalement je suis heureuse qu’il ait été trop tard pour une peri : j’y suis arrivée avec une grande fierté et une immense admiration pour toutes celles qui l’ont fait avant moi. 3kg990, il paraît que c’est un beau bébé. La sage femme a été assez attentive pour proposer de couper le cordon seulement quand il a eu fini de battre, et finalement papa a eu envie de le faire. Merci Manon pour cette préparation, mon corps sait faire et même si la désespérance a eu raison de cette conviction si j’ai tenu jusque là sans même envisager 1 seconde la péridurale c’est grâce à tout ce que j’ai ancré pendant cette prépa. »

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Il est 12h et quelques et je me sens encore capable de bouger, gérer mes contractions, et là, je ne sais plus trop les heures…mais je sais que le personnel était étonné d’autant de préparation et de self control.
« Kiki (c’est ma belle mère) ….. kikiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, viens bordel, mais putain qu’est-ce que tu fous kikiiiiii, j’accouuuuuuuuuuuuuuuuche!!!! Kikiiiiiiiiiiiiiii..!!!