Bonjour Manon,
Je reviens vers toi après avoir pris le pack naissance très tardivement pendant ma grossesse. J’ai accouché lundi 12 mai au matin et je n’aurais pas pu rêver d’un accouchement aussi doux.
Je n’avais pas pour projet d’accoucher absolument sans péridurale, et j’avais gardé l’opportunité de la demander.
J’étais enceinte de mon premier bébé, avec des angoisses liées au temps du travail, à ne pas être maître de la poussée (sous péridurale) et aux déchirures / épisiotomie.
Le programme que j’ai assidûment suivi tous les jours de 39 SA + 1 jusqu’à la venue des contractions (40 SA + 5) a été une vraie révélation.
Bien au-delà de l'accouchement, il m'a permis de reprendre confiance en mon corps, dans la gestion de mes émotions, de réapprendre à me détendre, etc.
Mes contractions ont commencé dimanche 11 mai vers 23h00 / 23h30.
Une première, douloureuse, me laissant un gros doute. Puis une deuxième, qui me tire de mon sommeil et me confirme que le travail commence.
Je m’étais préparée à ce que le travail puisse s’arrêter, donc je reste au lit, essayant de me reposer entre deux contractions et en projetant mon endroit refuge.
Vers 00h45, j’ai chaud, les contractions se rapprochent et j’ai soif.
Je passe dans une autre chambre pour être au frais et observer la lune presque pleine qui me rassure.
Je ferme les yeux, je monitore le temps entre les contractions en faisant des moyennes pour éviter de trop regarder l’heure.
Je gère les contractions en bougeant le bassin dans le lit pendant près de deux heures.
Vers 2h30 / 2h45, je me fais couler un bain.
La lumière de la salle de bain me sort de ma bulle, le bain ne fait qu’accentuer la perception de la douleur et je ne trouve surtout aucune position confortable.
Très rapidement, je me relève pour prendre une douche et ça m’apaise : je peux bouger le bassin, fermer les yeux et faire varier la température de l’eau.
Juste après 3h, je réveille mon mari, lui indiquant que les contractions se rapprochent et que le départ pour la maternité est proche.
Néanmoins, je lui indique que je souhaite rester dans ma bulle et on planifie un départ pour 4h.
Le voir réveillé me met du baume au cœur, et il essaie de me faire rire, comme d’habitude.
À quatre heures, je fais un gros câlin à mon chien (qui a bien compris la « gravité » de la situation), et nous partons pour la maternité.
Je garde en tête une phrase que j’avais entendue à La Maison des Maternelles :
« Les femmes qui arrivent aux urgences maternité en souriant ne sont pas vraiment en travail. »
Moi, je souris, je rigole, puisque mon mari est là et qu’il me détourne de la douleur.
Je crains qu’on me renvoie.
Le trajet pour aller à la maternité me semble se passer rapidement (800 m à pied et on a mis 25 minutes), mais j’ai l’impression que mes contractions s’espacent et ça me fait peur.
Mon mari me détend, encore.
Il me rassure :
« C’est normal, tu n’es plus dans ta bulle et c’est l’adrénaline. Dès qu’on arrive à la mater, tu retrouveras un cocon et l’ocytocine reviendra. »
Sous monito depuis 20 minutes, debout dans le box, ma poche des eaux se rompt nette. Les contractions s'intensifient et je suis ouverte à 2 cm, le col n'était pas encore totalement court.
Vers 5h25, on me propose de marcher ou la salle de naissance.
J’opte pour la salle de naissance, je connais déjà l’effet de la marche et des lampadaires.
On me propose de me laisser dans la bulle jusqu’à 7h.
Un premier passage aux toilettes me donne la nausée.
La pièce est minuscule, je ne peux pas bouger, la lumière est blanche et j’ai l’impression d’être dans une cabine de bateau.
J’arrive à ressortir, et je sais que je ne rentrerai plus dans cette pièce.
Je gère les contractions, accompagnée par des massages lombaires exquis et la voix douce de mon mari qui me félicite.
La maternité n’allume pas les néons par défaut dans les salles de naissance et laisse une lumière tamisée et chaude entrer par les hublots givrés.
C’est tellement parfait !
Une contraction me surprend par son intensité et me sort de ma bulle.
Je n’arrive plus à faire abstraction de la douleur et je n’arrive pas à me lancer dans les audios d’hypnose du jour J.
Faire bouger mes hanches, debout, m’aide encore, mais je me focalise sur l’heure.
Il est 6h28 et j’ai mal.
Vers 6h45, j’appelle pour la péridurale.
On me fait me changer pour une chemise que j’avais ramenée, et on m’assoit pour désinfecter la zone de la péridurale.
L’anesthésiste est pris dans une autre salle et met 25 minutes à arriver.
Je suis toujours assise et mon mari soutient ma tête.
Je sue à grosses gouttes et je suis dans un autre monde.
7h15, la péridurale est posée à 4/5 cm d’ouverture.
On m’allonge sur le dos quelques minutes, puis on me propose de me positionner sur le côté, une jambe relevée.
C’est ce que je voulais.
Je suis ravie et je sombre dans un sommeil profond.
Pendant ce temps-là, mon mari rentre à la maison au pas de course pour faire garder le chien.
8h15, je suis réveillée par une contraction.
La douleur est largement gérable et je respire en pensant à mon bébé.
8h30, mon mari rentre et la sage-femme vient contrôler l’avancée du travail.
La relève a eu lieu pendant mon sommeil et la nouvelle sage-femme est aussi douce que la première.
Consentement avant tout et encouragements en permanence.
Je vois ses yeux s'arrondir : « Oh, vous avez bien travaillé depuis une heure. J'avais vu les contractions passer, et vous êtes à 9 cm ! C'est extraordinaire ! »
Elle me laisse une heure pour que le bébé descende dans le bassin et me réinstalle sur le côté.
Je relève mon genou pour ouvrir encore plus le bassin, je sens que ça pousse entre mes hanches.
Mon mari court donner les clefs au copain qui s’occupera du chien (et oui, il a eu peu de réponses à 5h du matin 😅), et revient cinq minutes après.
Je réinjecte une dose de péridurale qui ne fera d’ailleurs que peu d’effets, mais c’est très bien, car je veux sentir la poussée.
Je respire profondément et je me calme.
9h15, je sens que ça pousse dans mes fesses et on appelle la sage-femme. Bébé est descendu et on s'installe pour la poussée.
Je demande à pousser sur le côté, ce qui étonne la sage-femme et la puéricultrice pour un premier accouchement.
9h35, on nous demande quels sont nos paris sur le sexe.
Mon mari parie sur une fille, je parie sur un garçon, de toute façon on a une chance sur deux.
Juste avant de démarrer, les deux capteurs de monito tombent en panne de batterie.
On me pose un monito filaire.
On débute la poussée (c’est un réel travail collectif !).
Mon mari est face à moi et je pousse sur ses épaules pendant la poussée.
C’est extraordinaire comme support !
J’ai du mal à pousser longtemps, mais je sens les contractions et je sens qu’on me demande de pousser plus longtemps que les contractions.
C’est fatigant, mais je fais mon possible pour que bébé ne fasse pas le yoyo.
La puéricultrice maintient le monito de bébé, car le capteur ne tient pas seul dans cette position.
Je lui broie la main sous ma cuisse (elle me le dira après).
Avec l’avancée de la poussée, nos soignantes misent sur une arrivée avant 10h.
Je sens la tête arriver et on nous annonce un petit châtain bien chevelu.
La tête passe, puis une épaule, doucement, puis l’autre.
Une dernière poussée pour pouvoir le récupérer et la sage-femme l'accueille en douceur. Bébé met une petite minute à atterrir de son voyage avant de chouiner.
Pas de cris, pas de pleurs. De la douceur et des mots doux.
On me réinstalle rapidement sur le dos et on pose le bébé sur mon ventre.
La puéricultrice soulève le drap :
« C’est Maman qui a gagné ! »
Gustave ouvre ses yeux et nous essuyons nos larmes.
Mon mari coupe le cordon et le placenta se délivre tout seul, à la force de mes sanglots de bonheur.
La tétée d’accueil ne se fait pas bien, Gustave n’est pas intéressé.
Peu m’importe : tant qu’il est bien, je suis bien.
Gustave est né le 12 mai à 9h58, sans instrument, avec sensations, douceur, et me laissant trois éraillures qui ne m’ont jamais été douloureuses.
Aucune de mes peurs ne s'est réalisée.
J'étais sur mes jambes à 14h.
Gustave est un bébé apaisé, comme ses parents.
Quelques jours après la naissance de Gustave, je disais déjà :
« C’était un accouchement parfait, rapide et doux. »
Une semaine après, j’ai envie de revivre ça. ❤️
Mon mari a également suivi le coin des papas et a fini le programme dimanche 11 au soir.
Nous n’avions pas fait les exercices d’hypnose proposés, mais pour un prochain accouchement, pour sûr !
Merci Manon pour ton programme.
Plus l’accouchement arrivait et moins j’avais confiance en moi, et tu m’as appris à me libérer de mes peurs et à me reconnecter à moi, à nous avec bébé et à mon mari.