Manon,
Je prends enfin le temps de t’écrire pour te raconter comment s’est déroulée la plus belle aventure de toute ma vie.
Tenter d’accoucher sans péridurale, sentir tout le cheminement de mon ptit bout, rester connectée à mon corps et à mon bébé était quelque chose que je souhaitais plus que tout. Alors je me suis préparée, j’ai écouté tes audios, j’ai écouté ton hypnose, j’ai écouté des podcasts et des récits, puis j’ai arrêté : ça commençait à me faire peur.
J’ai lu des BD qui elles démontraient toute la force du corps d’une femme et de la puissance de l’accouchement.
J’avais toutes les armes pour le jour J, le peigne, des playlists, un casque audio, une multitude de fiches ; pour ne pas oublier les postures, pour ne pas oublier de lâcher prise, avec tous mes mantras, avec les différentes étapes à cocher au fur et à mesure de ma dilatation, l’hypnose, un code rouge avec mon conjoint qui était « Banane », une bouillote…
J’avais tout révisé un peu comme avant un contrôle. Je me sentais prête et anxieuse.
Le 04 février au soir à 21h je commence à avoir des contractions que je « ressentais ». J’en avais depuis 2 mois déjà mais elles étaient indolores.
Mon compagnon et moi regardions une série, vers 23h j’en avais toutes les 5 minutes. On va voir si ça passe dans la nuit, je conseille à mon conjoint de dormir et d’aviser au fur et à mesure. Pour moi c’est un premier, le travail va être très long on a largement le temps.
La nuit se passe, je dors très mal, mais je réussis à m’assoupir entre chaque contractions, aux alentours de 3-4h du matin, elles sont de plus en plus fortes, je ressens le haut de mes jambes qui est en feu.
Je me dis « aller tiens jusqu’à 6h du matin » et je réveillerai mon compagnon.
Pour tenir je me répète que la douleur passe, que j’oublie la contraction, la preuve j’ai déjà oublié la douleur de celles qui se sont passées il y 10 minutes.
Je me force à trouver un souvenir de ma grossesse, j’essaye de la revivre à travers cette dernière ligne droite, et à chaque nouvelle contraction, je ferme les yeux, inspire en 2 expire en 4, et je me souviens ; La découverte du test, positif, les premières annonces, la première échographie, la découverte du sexe … Tout y passe, à chaque contraction je me replonge dans un seul souvenir, j’ai l’impression de le revivre que du bonheur.
6h ça y est ! Je réveille mon compagnon, je lui dis que j’aimerais quand même aller à la maternité voir ce qu’il se passe avant qu’il parte au boulot. Juste pour être rassurée que tout va bien et que ce n’est encore pas pour tout de suite.
Dès que je me lève je ressens un bien fou, et là je comprends que mon corps me suppliait d’être debout.
Je dis à mon compagnon de déjeuner tranquillement, je vais prendre ma douche me préparer. Les contractions sont bien rapprochées, je m’agenouille à chacune d’elles.
Mon compagnon essaye de me faire rire mais ça ne marche pas, je ne peux plus parler je dois me concentrer. Je réussis à me coiffer, derniers préparatifs de valise, j’avale une compote un verre d’eau, et nous voilà partis vers 7h15 partis à la maternité.
Au moins pas de bouchon, je chronomètre mes contractions j’en ai 1 toutes les 2 min elles durent en moyenne 1 minute à 1 minute 30.
Mais je reste dans un déni complet, toujours persuadée qu’ils vont nous dire de rentrer chez nous.
On arrive à 8h dans le service, on est accueilli directement on me demande ma douleur sur une échelle de 1 à 10 je réponds 3-4. Je tiens toujours à essayer sans péridurale, ça va forcément être pire et ce n’est que le début.
On nous installe en salle d’examen.
Un sage-femme arrive vers 8h20, il me demande mon projet de naissance, je lui explique que j’aimerais un accouchement le plus naturel possible.
Cependant s’il me dit qu’il y en a encore pour 3 jours je prendrai la péridurale. Le but étant de garder un bon souvenir de mon accouchement, pas d’être traumatisée et exténuée de douleur, car là ça commence quand même à faire mal je ne tiendrai pas 3 jours.
Il ne me répond pas de soucis je vais regarder ce qu’il se passe. J’attends avec impatience le verdict, il me dit que je suis déjà à 6cm de dilatation.
Je suis sous le choc, je lui dis mais du coup c’est pas pour demain ? Il me répond avec un sourire "ah non madame c’est pour ce matin, là."
Et là je panique. Il me redemande pour la péridurale car il doit avertir l’anesthésiste si je la veux, j’hésite je suis perdue. Puis il m’a clairement menti il m’a dit qu’on pouvait la poser à tout moment que je n’avais pas à m’inquiéter.
Mon conjoint me pousse pour que je tente de continuer sans. Ok.
Le sage-femme va chercher un electrostimulateur pour diminuer la douleur, je lui réponds que pour l’instant je gère je préfère attendre de rompre la poche et de voir après.
Il demande à mon conjoint depuis quand je bouge les jambes comme ça car c’est bon signe cela signifie que bébé descend.
Je reste debout les poings dans le lit d’examen et je fais des 8 avec mes jambes. A ce moment mes fiches sont bien loin, j’ai besoin que de faire mes 8, c’est la seule chose qui me fait du bien.
20 min plus tard, je me retrouve seule, mon conjoint étant parti me chercher un verre d’eau, je me sens mal, à la limite du malaise, mais j’étais debout, dans ma tête : « Ne tombe pas ». Le sage-femme revient nous chercher pour aller en salle d’accouchement. Mon conjoint arrive in extrémis, J’avais compris en salle de travail, le sage-femme demande à mon conjoint de défaire mes bijoux.
Il n’a pas le temps de finir, une envie furieuse de pousser arrive.
Mon conjoint va vite rappeler le sage-femme qui est reparti dans le couloir pour nous laisser de l’intimité et là tout s’accélère. Une de ses collègues arrive en courant, ils préparent le plateau en urgence me demandent de ne pas pousser, je fais au mieux mais c’est quasiment impossible.
J’ai peur je ne suis dilatée qu’à 6 et la poche des eaux n’est toujours pas rompue, tout va exploser dans mon intérieur ! Le sage-femme me demande dans quelle position je veux accoucher, je ne réfléchis pas je veux accoucher sur la table d’examen, je veux être rassurée et guidée par l’équipe soignante.
Ils m’installent tant bien que mal, le sage-femme m’examine et me dit qu’il voit la tête et la poche des eaux avec !
Ça coince pour qu’il sorte tout seul, j’accepte la rupture de la poche des eaux, et la tête sort en même temps, il me demande si je veux toucher la tête de mon bébé, là clairement non, FAITES-LE SORTIR !!
Une contraction après où on me demande encore de ne pas pousser, et te voilà petit Léo. Il est arrivé à 10h01. 💖
Le plus beau jour de notre vie, la plus belle aventure que j’ai connue jusqu’ici, tout était bien mieux que ce que j’avais imaginé
Je souhaite à toutes les femmes qui liront cette histoire l’accouchement dont elle rêve le plus avec ou sans péridurale, je leur souhaite une bonne délivrance et une très belle rencontre.