Bonjour Manon, bonjour Pauline,
Agathe a 8 mois et demi, et ça y est, je prends le temps de vous écrire pour raconter notre récit…
J’avais écouté les audios d’hypnose mais je m’endormais toujours, alors je les écoutais en promenant le chien pendant le congé mat’.
Agathe est née à 41 SA + 4.
La naissance d’Agathe – Une nuit magique
Mardi 19 novembre, 1h30 du matin.
Je me réveille avec cette sensation étrange : ma poche des eaux s’est fissurée. Rien d’inquiétant.
Je reste allongée sur le canapé, tranquille, en attendant que Paul se réveille.
À 6h, il se lève.
J’appelle la maternité : on nous attend.
Nous arrivons vers 7h, premier monito. Pas de contractions, tout va bien.
La journée se déroule entre les contrôles :
• deuxième monito à midi,
• troisième en fin d’après-midi.
En attendant, je marche. J’essaie de faire venir les contractions.
19h, c’est l’heure du dîner.
Paul est là, et Célia aussi.
Ma meilleure amie d’enfance, celle que je connais depuis la sixième, est gynécologue.
Et ce soir, elle est de garde.
En mangeant, je m’étire souvent.
Célia me fait remarquer : trois contractions en dix minutes.
Elles ne sont pas douloureuses, je me dis que ce ne sera pas pour ce soir.
Paul rentre s’occuper du chien, Célia retourne à ses activités.
Je prends une douche, mais les contractions s’intensifient.
Je préviens la sage-femme : col à 1.
Ah.
On fait un monito le temps que le bain chauffe.
Mais marcher devient difficile, et pendant le monito, je ne peux même plus rester debout.
Il est environ 21h quand Paul revient.
Col à 1,5.
Re-ah.
Vers 22h, je glisse dans le bain chaud. Les contractions sont là, puissantes.
Je mets les audios d’hypnose.
Paul appuie fort sur le bas de mon dos : ça m’aide vraiment.
Je perds pied sur deux ou trois contractions.
Les nausées arrivent (merci la soupe du dîner et la chaleur de l’eau…).
J’ai envie de pousser.
Les sages-femmes vérifient : col à 6.
Je demande la péridurale.
La sage-femme, qui sait que je souhaite un accouchement physiologique, me prévient :
« Le temps que l’anesthésiste arrive et que la péri fasse effet, vous serez sûrement en dilatation complète. »
Je lui dis :
« Ok, on fait sans. »
23h.
Je ne comprends pas que cette envie de pousser vient de bébé.
Je prends la direction des W.-C.
La sage-femme me dit : « Non, non, on passe en salle d’accouchement. »
Tout s’accélère.
L’anesthésiste est là, prêt si jamais, mais je n’en aurai pas besoin.
Je suis déjà dans ma bulle.
Les nausées persistent, je m’agrippe au haricot pendant la poussée.
Je suis installée sur un côté, la jambe relevée.
Mais ma fesse s’endort et je demande à changer de côté — on rigole tous un peu.
Paul utilise le brumisateur et continue de pousser dans mon dos à chaque contraction.
Pour lui aussi, c’est intense.
C’est étrange, ce calme avant la tempête. J’ai quelques minutes de répit, je dors presque. On me parle mais je réponds à côté.
Puis vient la phase de désespérance…
Puis le cercle de feu.
C’est intense, je crie, je donne tout.
La sage-femme me motive à pousser encore plus et à me dépasser.
Et le 20 novembre, à 0h31, Agathe est là.
Elle crie avant même d’être complètement sortie,
et la sage-femme m’invite à l’attraper de mes mains.
Tout contre moi,
elle cherche le sein tout de suite.
Célia nous rejoint.
La sage-femme l’avait prévenue :
elle était restée dans la pièce voisine pendant tout l’accouchement, juste au cas où.
Ce soir-là, j’ai donné naissance à ma fille, entourée de l’homme que j’aime et de mon amie d’enfance.
Une naissance puissante, instinctive,
et incroyablement douce.
Je suis prête à recommencer de suite.
J’ai déjà oublié la douleur,
je n’ai pas souffert,
et on a réussi ensemble, en équipe, tous les trois,
et sans péri.
La grossesse s’était déroulée sans problème, l’accouchement aussi, et l’allaitement aussi.
Merci Manon de m’avoir donné confiance en nous,
et de continuer de répéter :
« Il n’y a rien à faire, juste laisser faire. »