Un bébé pour le petit-déjeuner, on recommence quand ?!
Dans la nuit du 24 février, je ressens une dizaine de contractions qui me réveillent, localisées dans le bas du ventre puis dans le bas du dos.
Je me lève le matin et je vois un gros amas gluant.
C’est ça, la perte du bouchon muqueux ?
On googlise… et ça a l’air d’être ça.
J’ai ensuite eu des contractions toute la journée du 25 ainsi que la journée du 26, mais elles étaient très irrégulières : 15 minutes, 8 minutes, 20 minutes… Mais super gérables.
La journée du 26 février, je commence à avoir des contractions régulières toutes les 10 minutes vers 5h du matin.
Je me lève vers 6h30 et je vois encore un amas gluant, mais qui semble vraiment être ce qu’on voit sur internet, avec un peu de marron et des petits vaisseaux rouges.
Pas de doute : c’est le bouchon muqueux.
Je prends mon petit déjeuner, je fais du ballon devant TFOU parce que j’adore regarder les dessins animés (même à 29 ans !).
Vers 9h00, les contractions s’arrêtent. Elles sont de plus en plus espacées.
Je note tout dans l’application :
« Oh celle-ci, on va mettre léger, car elle m’a fait un peu mal dans le bas du dos. »
J’ai eu des contractions toute la journée du 26, irrégulières et à certains moments avec des périodes régulières…
On va se promener le midi avec Papa, on en profite pour faire le tour du parc et faire 2-3 courses à côté.
J’appelle la maternité à 18h pour savoir si je suis en travail actif, et elle me dit qu’il faut vraiment des contractions toutes les 3 à 5 minutes régulières.
Tant pis, on reste à la maison et on continue à bien gérer.
Papa me masse le bas du dos de temps en temps.
Je dis à Papa qu’il peut aller au badminton car j’ai toujours des contractions très irrégulières et que ça va.
Ça va lui faire du bien à lui aussi de sortir un peu.
À minuit, on part se coucher.
J’ai des contractions toute la nuit.
Au début, elles sont espacées toutes les 15 minutes en moyenne.
Je suis allongée sur le côté gauche et souffle bien à chaque contraction.
Ça me fait du bien de les gérer allongée.
Je note chaque contraction dans l’application :
forte ? intense ?
Oh, forte, ça pourrait être pire !
Je m’endors parfois entre chaque.
Je me dis que ça y est, elle est passée, et je ne pense pas à la prochaine.
Je visualise une vague qui s’approche de moi à chaque contraction, et qui s’en va quand ça devient moins douloureux.
À 5h30, j’ai des contractions toutes les 5 minutes environ.
Je dis à Papa que je descends dans le salon pour voir si ça change. Elles sont toujours régulières.
À 6h30, je lui dis qu’il faudrait aller à la maternité car j’ai des contractions toutes les 3 à 5 minutes.
Il se réveille, il se prépare, il prépare les valises.
Pendant ce temps, je fais du ballon avec mon peigne dans la main, en me tenant au mur entre le salon et la cuisine.
Je fais des “Boa” comme ce que la sage-femme nous a enseigné en cours de prépa à l’accouchement.
Ça semble ridicule, mais ça fonctionne !
Nous prenons notre petit déjeuner ensemble, avec des contractions régulières.
Papa me dit régulièrement : « Chaque contraction te rapproche de ton bébé, c’est bien mon amour, tu gères comme une warrior. »
Il m’apporte mes affaires pour que je me prépare.
7h10, Papa va charger la voiture et je continue à être sur mon ballon avec mon peigne.
Les contractions sont toujours très rapprochées, toutes les 2-3 minutes.
Papa conduit doucement :
« Te presse pas, je gère, mon amour ! »
Chaque dos d’âne est léger — merci Pilote !
7h30, on trouve une place dans la rue, en face de la maternité.
Je fais des mouvements de bassin pour me soulager sur le trajet, en marchant et en m’arrêtant.
Les personnes dans la rue doivent me trouver bizarre !
7h40, arrivée à la maternité.
Je leur dis que j’ai des contractions régulières toutes les 3 minutes.
L’apprentie sage-femme nous installe dans la salle d’accouchement.
Elle me pose le monitoring : ton cœur bat bien, même à chaque contraction.
Papa leur demande si je peux avoir la salle nature.
Elle me dit que c’est possible, mais qu’on va d’abord m’examiner avant d’y aller.
Papa me dit quand le pic de la contraction est passé et m’encourage à chaque fois.
Je continue de faire mes « Boa ».
La sage-femme arrive pour me faire un contrôle du col.
Je lui dis : « Si c’est en dessous de 5, je ne veux pas savoir, par peur d’être découragée. »
Et là, surprise, elle me dit : « Je vais être obligée de vous le dire, mais je ne sens plus de col. Je pense que vous êtes à dilatation complète. »
Je demande à la sage-femme de changer de position, et je me mets à quatre pattes sur la table d’accouchement, en me tenant à la barre du haut avec ma main gauche et en serrant le peigne dans ma main droite.
La sage-femme sort de la pièce, et je dis à Papa :
« Mais je suis censée pousser quand ?! »
La sage-femme revient après quelques minutes.
Je lui demande de tamiser la lumière.
Je demande à Papa de me donner de l’eau et le brumisateur.
Il fait une chaleur tropicale !
J’ai l’impression que les contractions deviennent de plus en plus intenses et me donnent envie de pousser. La sage-femme me dit que je peux pousser si l’envie me prend.
Je pousse et là, gros liquide qui me coule sur la jambe droite :
« Ah, je crois que j’ai rompu la poche des eaux ! »
Je pousse à chaque contraction, mais la poussée me semble difficile.
Papa et la sage-femme me coachent :
« Il faut pousser comme pour aller faire caca ! »
Effectivement, les prochaines contractions, je pousse comme si j’avais envie de tout expulser.
Nettoyage intégral !
Heureusement que j’étais allée à la selle à 6h30 😅
Papa m’arrose de brumisateur sur le visage :
« J’ai chaud, bordel ! »
Je sens que tu commences à descendre de plus en plus bas, et les poussées deviennent plus longues.
Je manque d’air et dois m’y reprendre à deux ou trois grands souffles.
Mes « Boa » deviennent de plus en plus animaux et instinctifs.
Plusieurs poussées après, je sens passer la tête.
La sage-femme m’encourage et me dit que je peux encore pousser, mais je suis à bout.
Je m’écoute et je m’arrête quand je veux.
La sage-femme appuie sur le périnée pour me soulager et m’aider.
Prochaine poussée :
« Ça me brûleeee ! »
Mais c’est rapide !
C’est ça, le cercle de feu ?!
La poussée d’après, je sens ton épaule passer.
Je pousse encore, et c’est tes deux épaules qui passent.
Ton corps entier arrive. Ça y est, tu es là, tu cries un peu. Ça nous rassure !
La sage-femme et Papa m’aident à me mettre sur le dos pour que je puisse te prendre sur moi.
Papa m’enlève mon pyjama.
Tu es toute petite, tu me sembles si fragile.
J’ai du mal à te prendre par peur de te casser.
La sage-femme manipule le cordon ombilical pour enlever le sang sur une partie, et Papa décide de couper le cordon.
Pour un papa qui ne voulait pas et pensait qu’il n’allait pas être bien à la vue du placenta, chapeau !
Je suis fière de toi.
Quelques minutes après, la sage-femme me demande si je veux pousser une dernière fois.
Le placenta sort en entier, intact.
Elle m’examine : RAS, seulement une petite déchirure interne qui nécessitera deux points de suture.
À 10h30, Papy envoie un message à Papa, ne sachant pas que nous sommes à la maternité :
« Comment ça va ? Et Aurélie, ça va ? »
« Bah ouais, elle est en pleine forme. »
Effectivement, pour un accouchement express, sans péridurale, on est en forme !
Le gynécologue arrive plusieurs minutes après pour me faire mes points de suture.
À 11h30, le pédiatre t’examine : RAS, tu vas bien.
À 12h, on remonte tous en chambre. J’arrive à me lever, à marcher sans problème.
Nous avons réussi.
Nous sommes des guerrières.
Tu as été géniale, Papa a été génial aussi.
Un vrai travail d’équipe.
Je te répète à la suite que je suis fière de toi, mon bébé.
Je me pose encore la question : quand était la phase de désespérance ?
À aucun moment je ne me suis dit :
« Je vais mourir, ça y est, c’est la fin ! »
Le code qu’on s’était fixé avec Papa pour la péridurale — « Mission impossible, Tom Cruise » — ne m’a pas effleuré l’esprit une seule fois !
J’en garde un merveilleux souvenir.
Un accouchement de rêve, physiologique, sans péridurale, comme je le voulais, encore mieux que ce que j’imaginais.
Je me dis que je pourrais recommencer demain.
Suis-je sadique ?! 😅
Ce jeudi 27 février, je suis devenue “l’exploit” du service maternité.
À chaque personnel médical qui venait nous voir en chambre — gynécologue, sage-femme, infirmière, auxiliaire de puériculture :
« C’est vous, l’accouchement express en 2h, arrivée à dilatation complète pour un premier bébé ?! Chapeau ! Félicitations ! Qui vous a aidé ? »
« Manon, Naissance Magique, avec sa formation, ses réseaux sociaux, le peigne d’acupression… »
La sage-femme de la salle d’accouchement m’a dit :
« Elles sont super, vos fiches et vos coloriages, on va en faire des photocopies ! »